Jean Chèvre

Mon île de Sein

Couleurs Périgord

Queyssac, 2008
bibliothèque insulaire
   
Iroise

parutions 2008

Mon île de Sein / texte et photographies de Jean Chèvre ; préface par Annie Delpérier. - Queyssac : Couleurs Périgords, 2008. - [75] p. : ill. ; 27 cm.
ISBN
978-2-9525227-6-2
C'est comme un échange
simple et vrai,

depuis toujours.


Jean Chèvre

Jean Chèvre s'est rendu pour la première fois à l'île de Sein pour y passer des vacances en 1948. Première rencontre marquante — il y reviendra chaque année accompagné de sa femme, approchant patiemment les lieux et les êtres, écoutant et regardant, nouant des amitiés durables.

Les photographies prises par Jean Chèvre parlent d'un monde qui décline. C'est ce qui d'abord frappe à les regarder aujourd'hui : austère costume des femmes, épais sabots de bois, bateaux de pêche aux voiles ferlées le long des quais, entassement des casiers et jeu du vent avec les pavillons de pêche sur le terre-plein, chevaux traînant de lourdes charettées de laminaires … Rétrospectivement tout paraît à l'image de ce marin surpris face à la mer, qui « savait alors / qu'il avait moins de chemin à faire pour rejoindre les morts / qu'il en avait fait sur la mer pour nourrir les vivants ».

Mais ces signes de la vie qui passe, n'occultent pas ceux de la vie qui s'obstine — Sein est île de résistance. Avec ferveur, Jean Chèvre relève accomplissements et promesses : regard lumineux de Simon, miracle d'une vague apaisée dans l'enfer de la chaussée de Sein, sollicitude d'un père pour son fils qui débarque après vingt jours passés au phare d'Ar Men, « homme seul … tout à la joie / de retrouver cette petite fille de son sang ».

Au fil des images se construit une scénographie où l'on pressent l'imminente irruption d'un élan immémorial. Ainsi dans l'ouverture creusée entre deux pignons aveugles : « il semble que, par cet étroit couloir, va surgir une présence, jaillir une voix ». Ailleurs, au détour d'un quai inondé de soleil « apparaissent, à l'avant-scène / les éternels personnages du drame (…) On attend des phrases connues, celles qui accueillent Œdipe : / Qui donc es-tu ? … »
EXTRAIT Que me veut cet étranger trop curieux,
bardé de boîtes noires et
crachant la lumière comme un phare ?

En quoi peut l'intéresser un vieil homme fatigué
assis au rebord de ce quai ?
Que fera-t-il de mon image ? Qu'en dira-t-il ?
On a déjà dit sur l'île,
et publié sur elle et nous,
tant de choses que nous ne souhaitions point.

Je vais tout vous avouer, Simon,
pour dissiper à jamais vos craintes :
je cherche une chose très simple dans votre visage tanné,
la miraculeuse lumière de vos yeux clairs.

mise-à-jour : 11 juin 2008

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