Snorri Sturluson

L'Edda, Récits de mythologie nordique, traduit du vieil islandais, introduit et annoté par François-Xavier Dillmann

Gallimard - L'Aube des peuples

Paris, 1992

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Islande
L'Edda, récits de mythologie nordique / Snorri Sturluson ; trad. du vieil islandais, introduit et annoté par François-Xavier Dillmann. - Paris : Gallimard, 1991. - 231 p.-[8] p. de pl. : ill. ; 23 cm. - (L'aube des peuples).
ISBN 2-07-072114-0
NOTE DE L'ÉDITEUR : Rédigée au début du XIIIe siècle par l'éminent historien Snorri Sturluson, l'Edda constitue le recueil de mythologie nordique le plus complet que nous ait légué le Moyen Âge scandinave. Au cours de récits souvent hauts en couleur, l'auteur retrace tout d'abord la création du l'univers à l'origine des temps, avec notamment l'épisode du démembrement d'Ymir, le géant primitif ; puis il présente les principaux dieux de l'antiquité païenne et raconte leurs exploits, leurs aventures et leurs querelles, tandis qu'à l'arrière-plan se profile de plus en plus nettement le drame du monde, le fameux Crépuscule des dieux, dont la description particulièrement saisissante constitue le point d'orgue de l'ouvrage.

Bien qu'il ait été conçu plus de deux siècles après la conversion officielle de l'Islande au christianisme, ce traité témoigne d'une intime connaissance des poèmes mythologiques composés à l'époque païenne tant en Norvège que dans l'île des sagas. À ce titre, l'Edda offre un intérêt capital pour l'étude de l'ancienne religion scandinave, de même que pour les enquêtes de mythologie comparée indo-européenne.

[…]
FRANÇOIS-XAVIER DILLMANN : […]

L'Edda de Snorri offre un aspect composite : le recueil s'ouvre sur un traité de mythologie (la Gylfaginning), se poursuit sur une poétique (les Skaldskaparmal) et se clôt sur un poème et son commentaire (le Hattatal). Seuls la Gylfaginning et quelques chapitres des Skaldskaparmal se prêtent véritablement à la traduction dans le cadre d'une collection comme celle-ci, les autres parties du recueil apparaissant ne pouvoir être rendues intelligiblement en français qu'au sein d'une édition scientifique, de préférence bilingue et pourvue d'un important appareil critique et d'un long commentaire, tant sont nombreux dans le Hattatal et dans les Skaldskaparmal les termes techniques, les vocables poétiques, les listes de synonymes et les circonlocutions défiant tout essai de traduction littéraire.

Il en résulte que dans ce volume, c'est d'abord un choix de récits mythologiques qui est présenté aux lecteurs : il comprend la quasi-totalité de la Gylfaginning et les principaux passages en prose des Skaldskaparmal. En cela, nous avons suivi l'exemple de l'édition originale procurée en 1950 par deux grands noms des études norroises, Anne Holtsmark et Jón Helgason. Comme eux, nous avons écarté le prologue et l'épilogue de la Gylfaginning, d'autant plus volontiers que leur attribution à Snorri est toujours sujette à caution.

[…]

Introduction, p. 22
EXTRAIT Gangleri demanda alors : « D'où vient le vent ? Il est si fort qu'il met en mouvement de vastes mers et qu'il attise le feu. Mais tout fort qu'il est, on ne peut le voir. C'est là une étrange création. »
Le Très-Haut répondit : « Il m'est facile de te le dire. À l'extrémité septentrionale du ciel siège le géant appelé Hræsvelg [littéralement : " celui qui dévore les cadavres "]. Il a la forme d'un aigle, et, quand il prend son vol, le vent s'enfle sous ses ailes, comme il est dit ici :

Hræsvelg s'appelle
Celui qui siège aux confins du ciel,
Géant à forme d'aigle.
De ses ailes on dit
Que souffle le vent
Sur tous les hommes. »

Gangleri demanda alors : « Pourquoi y a-t-il une si grande différence entre l'été, qui est chaud, et l'hiver, qui est froid ? »
Le Très-Haut répondit : « Voici une question que ne poserait pas un homme instruit, car tout un chacun peut expliquer cela. Mais, même si tu es ignorant au point d'être à présent le seul à ne rien avoir entendu dire à ce sujet, je veux considérer avec bienveillance le fait que tu préfères poser une question sans discernement plutôt que de demeurer plus longtemps dans l'ignorance de ce qu'il t'est fait obligation de savoir. Le père de Sumar (" été ") s'appelle Svasud. Il mène une vie si heureuse que tout ce qui est doux est appelé, à l'aide de son nom, svasligt (" aimable "). Quant au père de Vetr (" hiver "), il est appelé tantôt Vindloni, tantôt Vindsval, et il est fils de Vasud ; ces parents étaient des êtres au tempérament cruel et au cœur glacial, et Vetr a hérité de leur nature.

pp. 50-51
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE

mise-à-jour : 20 septembre 2007

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