Carmen Vásquez

Robert Desnos et Cuba : un carrefour du monde

L'Harmattan

Paris, 1999

bibliothèque insulaire

   
Cuba
parutions 1999
Robert Desnos et Cuba : un carrefour du monde / Carmen Vásquez. - Paris : L'Harmattan, 1999. - 186 p. : fac-sim. ; 22 cm. - (Histoire des Antilles Hispaniques).
ISBN 2-7384-8582-0
NOTE DE L'ÉDITEUR : Lors de son voyage à Cuba en 1928, Robert Desnos [1900-1945] a découvert une culture différente de la sienne, pleine de vitalité, tout à fait intéressante pour la perspective iconoclaste qu'il avait adoptée avec le mouvement surréaliste. Ce voyage marqua une nouvelle étape dans sa vie privée et professionnelle, puisqu'il rencontra Alejo Carpentier et s'intéressa à la vie politique de l'île. La production littéraire et journalistique issue de ce séjour à Cuba a fait de Desnos l'un des grands écrivains français passionnés par l'Amérique Latine.
SOMMAIRE Introduction

1. Le voyage
2. Un carrefour du monde
3. Après le voyage : liens et ruptures
4. La terreur à Cuba
5. Derniers projets
6. Conclusion

Annexes : Textes de Robert Desnos sur Cuba
       
compte-rendu de lecture par Claire Pailler, Caravelle, 78/1, 2002, pp. 276-277, [en ligne]
EXTRAIT La musique cubaine

Je n'oublierai jamais cet humble village près de La Havane que l'on nomme parfois las Fritas et plus souvent le Playa.

C'est là que me conduisit, le soir même de mon arrivée, Alejo Carpentier que je voyais pour la première fois. Le rhum blanc étincelait dans les petits verres sur les comptoirs de bois blanc dressés en plein air.

Deux orchestres inouïs combattaient à grand vacarme. Des instruments étranges s'entrechoquaient et, sur tout cela, passaient l'immense plainte des cornets à pistons et celles de la mer.

Je n'oublierai jamais ces musiciens noirs que je devais revoir, débardeurs le jour, sur le port et la nuit, danseurs magnifiques et obscènes.

Je n'oublierai jamais les belles négresses, ni le ciel précieux, ni l'odeur des ténèbres.

Et moins encore je n'oublierai la plainte fraternelle de ces chants nouveaux, à l'accent neuf mais qui, d'être plus humains qu'aucun autre, parlaient une langue qui m'était familière.

Si familière que pour l'avoir entendue voici de longs mois j'en reste encore obsédé et bouleversé. Et que je garde à Alejo Carpentier la plus vive reconnaissance d'un tel cadeau et d'un accueil si fastueux.

Robert Desnos

p. 182
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • Carmen Vásquez (dir.), « Alejo Carpentier et Los pasos perdidos » actes du colloque international (Amiens, 13-14 décembre 2002), Paris : Indigo ; Amiens : Université de Picardie Jules Verne, 2003

mise-à-jour : 3 mai 2011
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