Frankétienne [Franck Etienne]

Pèlin-tèt

Éd. du Soleil

Port-au-Prince, 1978

bibliothèque insulaire

   
édité en Haïti
Pèlin-tèt [pyès téyat] / Frankétienne. - Port-au-Prince : Ed. du Soleil, 1978. - 64 p. ; 20 cm.
Cette pièce — adaptation d'une œuvre du dramaturge polonais Slawomir Mrozek : Les Émigrés — a rencontré un vif succès populaire à sa création à Port-au-Prince en 1978 avant d'être interdite par la dictature duvaliériste.

FRANKÉTIENNE : A la mi-94, je sors de la banque, un matin. Une carriole passe sur la route, une de ces carrioles remplies de sacs de riz, de cabris qui bêlent, de poulets accrochés la tête en bas et de paysans. Je me dirige vers ma voiture, quand j'entends derrière moi une voix féminine crier : « Mwen vlé wé mouch ! » (« J'ai envie de voir des mouches »), qui est une phrase de ma pièce [Pèlen tèt]. En Haïti, cette phrase, c'est Frankétienne. Je me retourne et je vois une paysanne, le visage luisant de sueur, qui reprend : « Mwen vlé wé mouch ! Alors, Franck, quand est-ce que tu nous donnes autre chose ? ». J'ai répondu : « A bientôt. Mba ou yon bagay ! » (« Je vais vous la donner bientôt ! »). Je me suis retrouvé dans ma voiture sidéré et rempli de joie. Voilà une paysanne analphabète qui me reconnaît. C'est la plus belle chose qui puisse m'arriver.

Propos recueillis par Yves Chemla et Daniel Pujol, Notre Librairie, n° 133, janvier-avril 1998

CENTRE ALCIBIADE POMMAYRAC (Jacmel, Haïti) :

[…]

Entre le désespoir sans bornes d’Ultravocal et le réveil brutal de Dézafi, il y a l’insoutenable exil : c’est Pèlin-tèt en 1978, succès sans précédent qui consacre définitivement Frankétienne comme écrivain national et impulse du sang neuf au théâtre haïtien. Une réussite exceptionnelle qui fait du théâtre “ le spectacle de la langue créole et l’étalage de ses ressources ”. Dans Pèlin-tèt on retrouve les traits stylistiques les plus marquants de son écriture et la parole est substituée au geste et au regard. On pourrait dire qu’il s’agit d’une longue paraphrase : l’exil est une perte et un vide à la fois et la parole ne fait que se greffer sur cette perte et sur ce vide.

Si l’essentiel du théâtre de Frankétienne est écrit en créole […] c’est parce que cette langue lui permet de communiquer immédiatement avec tous les Haïtiens : “ J’ai le privilège, dit-il, de pouvoir m’adresser à des gens qui ne savent ni lire ni écrire. J’aime cette communication instantanée avec le public populaire et j’ai vécu cette expérience avec Pèlin-tèt. Le peuple comprend le théâtre dans toutes ses dimensions politiques, protestataires, dérisoires ou humoristiques. ”

[…]

Rencontre avec Frankétienne, 30 avril 2012 [en ligne]
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Pèlentèt » nouvo vèsyon, [Port-au-Prince] : Ed. Espiral, 2002
Sur le site « île en île » : dossier Frankétienne

mise-à-jour : 2 septembre 2019
Frankétienne a reçu le Grand Prix du Livre Insulaire - Prix des Îles du Ponant (Ouessant 2005) pour son « Anthologie secrète » (Montréal, 2005) et, plus généralement, pour l'ensemble de son œuvre ; il est, en 2006, l'un des lauréats de la Fondation du prince Claus (Pays-Bas) et a été nommé, le 24 mars 2010, Artiste de l'UNESCO pour la paix.
Conversation entre Frankétienne et Philippe Bernard, à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010
« Frankétienne se met à nu » : propos recueillis par Samanda Leroy et Lord Edwin Byron
Le Nouvelliste (Port-au-Prince) • 19 février 2013
Frankétienne : Pèlin-Tèt
PÈLIN-TÈT : enregistrement de la pièce de Frankétienne
Rex Théâtre (6 juillet 1978)
Théâtre National d'Haïti (1979)
une adresse indispensable pour trouver les livres édités en Haïti :

communication plus

   ACCUEIL
   BIBLIOTHÈQUE INSULAIRE
   LETTRES DES ÎLES
   ALBUM : IMAGES DES ÎLES
   ÉVÉNEMENTS

   OPINIONS

   CONTACT


ÉDITEURS
PRESSE
BLOGS
SALONS ET PRIX