Margaret Lucas Cavendish, duchess of Newcastle

Le monde glorieux, traduit et présenté par Line Cottegnies

José Corti

Paris, 1999
bibliothèque insulaire

       

utopies insulaires
des femmes et des îles
parutions 1999
Le monde glorieux / Margaret Cavendish ; traduit et présenté par Line Cottegnies. - Paris : José Corti, 1999. - 297 p.-16 p. de pl. ; 16 cm. - (Merveilleux, 6).
ISBN 2-7143-0685-3
NOTE DE L'ÉDITEUR : Aujourd’hui comme hier, Margaret Cavendish déroute. Première femme à revendiquer, en Angleterre, le statut d’écrivain, elle est l’auteur d’une œuvre ambiguë, qui oscille entre le sérieux et une fantaisie toute baroque. En une bonne douzaine de volumineux in-folio publiés à ses frais, elle s’illustre dans des genres aussi variés que le traité philosophique, la poésie scientifique et lyrique, l’essai, la nouvelle, le théâtre et enfin le roman, avec Le Monde glorieux (1666, 1668). Ce texte, publié en guise d’appendice à un traité philosophique, Observations sur la philosophie expérimentale, est un roman hybride. Récit de voyages imaginaires évoquant L’Histoire comique des états et empire de la Lune de Cyrano de Bergerac (1656), il n’est pas sans annoncer déjà Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift (1724). Cavendish, avec sa curiosité insatiable pour les débats philosophiques et scientifiques de son temps, préfigure à bien des égards le siècle des Lumières, en particulier lorsqu’elle pourfend par la dérision le « Monde de l’Esprit vacillant », l’Angleterre des années 1660 dominée par l’empirisme triomphant.

La trame du Monde glorieux est complexe : une jeune femme, enlevée par un marchand, découvre, au cours du voyage, un autre monde, contigu au nôtre, peuplé de créatures monstrueuses. Recueillie par l’Empereur, elle réforme le « Monde glorieux » et met en œuvre un programme philosophique utopique qui semble une version féministe de celui qu’avait pu prescrire Francis Bacon dans La Nouvelle Atlantide (1627). Mais l’utopie au féminin ne tarde pas à se transformer en pur roman de science-fiction : l’Impératrice fait venir un scribe, l’âme de la Margaret Cavendish elle-même, qui, devenue son amie platonique, la suivra dans une série d’aventures aussi rocambolesques que loufoques.

Ce roman baroque à la gloire de l’amitié féminine est une célébration absolue de l’imagination et de la fiction comme domaines réservés de la femme de lettres. « Margaret Ire », ainsi qu’elle s’intronisait dans la préface, signait là un formidable pied de nez à tous les censeurs.

Line Cottegnies

JEAN SERVIER : Dans Le Monde en flammes de Margaret Cavendish […], la capitale — qui est le Paradis — est une île d'accès difficile défendue par un labyrinthe de rochers, comme pour mieux situer la béatitude au-delà du labyrinthe, au creux de la matrice.

« L'Utopie », Paris : P.U.F. (Que sais-je ? 1757), 1993 (p. 99)

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The description of a new world, called the Blazing World », Londres : A. Maxwell, 1666
  • « The description of a new world, called the Blazing World » ed. by Kate Lilley, Londres : William Pickering, 1992
  • « The Blazing World and other writings » ed. by Kate Lilley, Londres : Penguin, 1994

mise-à-jour : 16 février 2007

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