Christophe Grenier

Conservation contre nature : les îles Galápagos

IRD Éditions

Paris, 2000
bibliothèque insulaire
   
parutions 2000
3e édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2001)
Grand Prix des îles du Ponant
Conservation contre nature : les îles Galápagos / Christophe Grenier ; préface de Roland Pourtier. - Paris : IRD Éditions, 2000. - 375 p. : ill., cartes ; 25 cm. - (Latitudes 23).
ISBN 2-7099-1451-4
NOTE DE L'ÉDITEUR : L'archipel des Galápagos, classé « patrimoine naturel de l'humanité », abrite un parc national prestigieux qui bénéficie d'aides internationales considérables. Destiné à faciliter les recherches naturalistes, censé servir de modèle à de nouvelles formes de valorisation touristique plus respectueuses de l'environnement (écotourisme), ce parc est aujourd'hui l'objet de nombreuses critiques. Le développement des réseaux touristiques et migratoires a accéléré le rattachement de l'archipel au territoire équatorien et au marché mondial. La nature « protégée » est devenue un espace soumis aux exigences de rentabilité d'un monde caractérisé par la marchandisation et l'uniformisation des lieux. Cette « conservation contre nature » a des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes et les habitants de l'archipel. Au-delà de l'étude d'une région emblématique, l'auteur mène une réflexion sur la place de l'homme dans la nature, véritable plaidoyer en faveur de la préservation de la géodiversité. Son ouvrage novateur et stimulant s'adresse à tous les acteurs soucieux de l'avenir de notre planète.
SOMMAIRE
(résumé)

Préface de Roland Pourtier
Introduction : Des îles ou la planète ?

Une nature convoitée dans un espace ouvert

  • La découverte de la nature des Galápagos
  • L'espace ouvert
  • Des îles « naturalisées » par le Nord

Le rattachement au monde

  • La mainmise du tourisme de réseau sur les Galápagos
  • L'intégration des Galápagos à l'Équateur
  • La continentalisation du milieu insulaire

L'échec de la conservation

  • Un parc national à l'encan
  • Les réseaux conservationnistes contre les territoires

Conclusion : De la conservation de la nature à la préservation de la géodiversité

Références
Glossaire des termes équatoriens
Résumé / Abstract / Resumen
Table des cartes, figures et tableaux

EXTRAIT

Nous sommes arrivés à un stade de l'histoire où la dichotomie nature/humanité a été abolie : il n'y a plus de « nature » mais une seule Terre, sur laquelle l'humanité a le pouvoir de faire disparaître, sinon toute forme de vie, au moins la plus grande partie des espèces, dont elle-même. Il ne s'agit donc plus de « conserver la nature », mais de sauvegarder la biosphère, et nous avec, en commençant sans doute par certains lieux qualifiés de « Patrimoine de l'humanité », dont les Galápagos.

Cela implique d'abord de s'opposer à tout ce qui tend à diminuer la singularité du lieu à protéger, et donc à en réduire l'accessibilité : en diminuant les flux de migrants, de touristes, d'argent, d'espèces, de produits marins, etc. qui circulent dans les réseaux reliant les Galápagos au système Monde, voire en déconnectant partiellement les îles de celui-ci. Cela suppose donc de réhabiliter le politique, puisqu'il s'agit d'établir des barrières filtrantes, contrôlées par des pouvoirs publics, entre le lieu à protéger et le reste du monde. Aux Galápagos, la sauvegarde d'un patrimoine de l'humanité doit être de la responsabilité d'une institution internationale dotée de moyens non seulement financiers, mais politiques. Cela exige par conséquent de reconstituer un territoire, car le lieu à protéger n'est plus voué à la seule conservation de la nature, mais à la préservation de la biodiversité. Plutôt que d'avoir un parc national inhabité, mais connecté à des réseaux l'ouvrant de fait à des usagers extérieurs, il faut pouvoir vivre aux Galápagos en symbiose avec ce parc : le bénéfice de l'exploitation des ressources insulaires doit être réservé en priorité à leurs habitants, en nombre limité. Cela signifie enfin retrouver le temps perdu, celui du lieu à protéger : en imposant par exemple une durée de séjour minimale aux visiteurs des Galápagos, ce qui serait le premier pas vers la constitution d'un écotourisme territorial.

Faire en sorte que les Galápagos restent ou redeviennent des îles, c'est participer à la culture de la géodiversité et préserver ainsi le patrimoine d'habitabilité de la Terre pour l'humanité future.

Conclusion, p. 339

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE

  • Christophe Grenier, « Conservación contra natura : las islas Galápagos » nouv. éd. augmentée d'un chapitre, Quito : Abya-Yala, 2007
d'autres regards sur les îles Galápagos

mise-à-jour : 2 juin 2016

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