Edwige Danticat

La récolte douce des larmes

Grasset

Paris, 1999

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Haïti
des femmes et des îles
bannzil kréyòl

parutions 1999

La récolte douce des larmes / Edwige Danticat ; trad. de l'anglais par Jacques Chabert. - Paris : Grasset, 1999. - 334 p. ; 23 cm.
ISBN 2-246-58231-8

NOTE DE L'ÉDITEUR : Un roman sur fond historique : le massacre de 1937. En une nuit, sur ordre de Raphael Trujillo Molina, président depuis trente et un ans de la République Dominicaine, plus de 20 000 Haïtiens — coupeurs de canne à sucre ou serviteurs — sont massacrés. Amabelle a huit ans quand elle voit ses parents se noyer. Recueillie sur la rive du fleuve par une famille espagnole, elle devient la servante de l'épouse d'un colonel de l'armée. Elle aime Sébastien, un coupeur de canne à sucre. Il est attirant malgré les cicatrices sur son visage et ses mains calleuses. Elle veut devenir sa femme. Tous les deux sont Haïtiens, utiles aux Dominicains, mais pas vraiment bienvenus. Des rumeurs courent : dans certaines villes, les Haïtiens sont persécutés voire tués. Ils décident donc, avec des amis, de retourner en Haïti, mais c'est l'horreur qui les attend. Comme des milliers d'autres Haïtiens, Amabelle survit à ce bain de sang, mais elle est épuisée, disloquée, lorsqu'elle parvient sur l'autre rive du fleuve. Un ami de Sébastien l'emmène dans sa famille : ils ne parviendront pas à s'aimer, le souvenir de Sébastien qui a disparu lors du massacre les en empêche …

Edwidge Danticat, née en Haïti en 1969, est partie pour les États-Unis à l'âge de douze ans. Elle vit aujourd'hui à New York. Elle a été citée parmi les « 20 meilleurs jeunes écrivains américains » par la revue Granta en 1996.

LE MONDE DES LIVRES, 22 octobre 1999 : Durant trente ans, au milieu du XXe siècle, Saint-Domingue a gémi sous la dictature de Trujillo, un tyranneau de basse-fosse imposé par les US Marines. Son crime le plus notoire est un pogrom organisé en 1937 contre les immigrés haïtiens : vingt-mille morts, et beaucoup de cadavres jetés dans le fleuve qui marque la frontière, le Rio Masacre de sombre présage. Edwige Danticat, américaine d'origine haïtienne qui écrit en anglais, donne cet effrayant contexte à son roman de douleur et d'amour. D'autres écrivains, dont le grand Jacques Stephen Alexis, ont déjà parlé de ce drame, mais sa plainte à elle nous touche peut-être davantage encore.

[…]

L'auteur s'efforce parfois de colorer sa langue d'une préciosité tropicale, comme pour mieux correspondre à l'étiquette « d'écrivain caraïbe » que lui ont infligée les universitaires américains. Elle a tort. Sa prose est bien plus belle quand elle est naturelle, en particulier dans les dialogues, très efficaces. C'est en écrivant tout court qu'elle rend contemporaine son histoire de sans-papiers et de purification ethnique et qu'elle nous fait comprendre que personne, nulle part, n'est à l'abri d'un drame de ce genre.

Jean Soublin

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The farming of bones », New York : Soho press, 1998
  • « La récolte douce des larmes », Paris : 10/18 (Domaine étranger, 3288), 2001
  • « Edwige Danticat, a reader's guide » ed. by Martin Munro with a foreword by Dany Laferrière, Charlottesville : University of Virginia press, 2010
Sur le site « île en île » : dossier Edwige Danticat

mise-à-jour : 5 février 2018

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