Arnaldur Indridason

L'homme du lac

Métailié - Bibliothèque nordique

Paris, 2008
bibliothèque insulaire
   

Islande
îles noires
parutions 2008
10ème édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2008)
ouvrage en compétition
L'homme du lac / Arnaldur Indridason ; trad. de l'islandais par Eric Boury. - Paris : Éd. Métailié, 2008. - 348 p. ; 22 cm. - (Bibliothèque nordique).
ISBN 978-2-86424-638-1
NOTE DE L'ÉDITEUR : A la suite des tremblements de terre qui ont eu lieu en Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une géologue chargée de mesurer le niveau de l'eau découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. La police est envoyée sur les lieux.

Erlendur et son équipe se voient chargés de l'enquête, ce qui les mène à s'intéresser aux disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60 en Islande. Les investigations s'orientent bientôt vers les ambassades ou délégations des pays de l'ex-bloc communiste. Les trois policiers sont amenés à rencontrer d'anciens étudiants islandais qui avaient obtenu des bourses de l'Allemagne de l'Est dans les années 50 et qui ont tous rapporté la douloureuse expérience d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.

Peu à peu Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli remontent la piste de l'homme du lac dont ils finiront par découvrir le terrible secret.

Arnaldur Indridason raconte une magnifique histoire d'amour contrarié, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.
EXTRAIT Hrafnhildur voulut savoir quels étaient les mots les plus beaux dans la langue de chacun des convives, ce qui donna lieu à toutes sortes de tergiversations jusqu'au moment où un accord fut trouvé. Alors, le représentant de chaque peuple se leva pour dévoiler les choses les plus belles qui avaient été exprimées dans sa langue. Il ne régnait aucun désaccord parmi les Islandais. Ce fut Hrafnhildur qui se leva pour déclamer les plus belles lignes jamais écrites en islandais.

Au dessus des Aiguilles
Voilent l'étoile d'amour
Les nuages de la nuit.
Autrefois, elle a ri
Sur le jeune homme triste
Au fond de la vallée 1.

L'interprétation de
Hrafnhildur était chargée de sentiments et bien que la majeure partie de l'assistance ne comprennent pas l'islandais, le silence s'abattit un instant sur le groupe avant qu'éclatent enfin des applaudissements nourris. Hrafnhildur salua bien bas.

Tomas et Ilona étaient toujours assis côte à côte à table. Ilona lui lança un regard interrogateur. Il lui expliqua que l'homme du poème se remémorait le passé après avoir effectué un long voyage à travers les plateaux déserts du centre de l'Islande en compagnie d'une jeune fille dont il était amoureux. Il savait qu'elle et lui ne pourraient jamais vivre leur amour et, le cœur plein de ces tristes pensées, il rentrait dans sa vallée, désespéré. Au-dessus de sa tête scintillait l'étoile d'amour qui lui avait autrefois indiqué le chemin mais était désormais cachée derrière un voile de nuages. Il se disait que même s'ils ne pourraient jamais consommer cet amour, celui-ci durerait éternellement.

Elle le regardait parler et, qu'on mette la chose sur le compte de l'histoire du jeune homme triste, de la façon dont il la racontait ou encore du Brennivin 2, elle l'embrassa subitement sur la bouche d'un baiser si doux qu'il lui sembla subitement redevenir nouveau-né.

pp. 108-109
   
1.Vers de Jónas Hallgrímsson (1807-1845) qui est unanimement tenu pour le plus grand poète de l'Islande moderne. Son œuvre n'est pas traduite en français ; une approche est possible en anglais grâce au recueil édité par Dick Ringler, « Bard of Iceland : Jónas Hallgrímsson, poet and scientist », Madison : University of Wisconsin press, 2002.
2.Eau-de-vie islandaise aromatisée au cumin. On la surnomme la Mort Noire. — NdT.
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Kleinfarvatn », Reykjavík : Forlagið, 2005
  • « L'homme du lac », Paris : Points (P2169), 2009
  • « La cité des jarres », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2005
  • « La femme en vert », Paris :  Métailé (Bibliothèque nordique), 2006
  • « La voix », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2007
  • « Hiver arctique », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2009
  • « Hypothermie », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2010
  • « La rivière noire », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2011
  • « La muraille de lave », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2012
  • « Etranges rivages », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2013
  • « Le duel », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2014
  • « Les nuits de Reykjavik », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2015
  • « Le lagon noir », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2016
  • « Les fils de la poussière », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2018
  • « Dans l'ombre » Trilogie des ombres, 1, Paris : Métailié, 2017
  • « La femme de l'ombre » Trilogie des ombres, 2, Paris : Métailié, 2017
  • « Passage des Ombres » Trilogie des ombres, 3, Paris : Métailié, 2018
  • « Bettý », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2011
  • « Le livre du roi », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2013
  • « Opération Napoléon », Paris : Métailié (Bibliothèque nordique), 2015

mise-à-jour : 10 octobre 2018

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