Wang Wenxing

La fête de la déesse Matsu, traduit du chinois (Taïwan) par Camille Loivier

Zulma

Cadeilhan, 2004

bibliothèque insulaire

   



parutions 2004
La fête de la déesse Matsu / Wang Wenxing ; traduit du chinois (Taïwan) par Camille Loivier. - Cadeilhan : Zulma, 2004. - 164 p. ; 21 cm.
ISBN 2-84304-263-1
Comme nombre de ses concitoyens, Wang Wenxing est né hors de Taiwan — en Chine continentale ; ainsi appartient-il à la dernière vague des migrations dont le flux régulier, depuis le XVIIe siècle, a façonné le peuplement mais aussi la vie la plus intime de l'île, baptisée par les Portuguais Formosa, la “ Belle ”.

Les huit nouvelles du recueil datent des premiers temps consécutifs à l'installation de ces derniers migrants fuyant en nombre l'émergence, sur le continent, du nouveau pouvoir de la Chine populaire (né en 1939, Wang Wenxing avait dix ans lors de l'installation de sa famille à Taiwan).

Ici ou là, de brèves notations signalent l'impact sur ce microcosme d'influences plus lointaines, dont on pressent qu'elles exerceront durablement leurs effets ; ainsi quand le héros d'une des nouvelles, sur le point de prendre une décision irréversible, murmure ces mots (en anglais dans le texte) : “ but how loathsome and ugly it was ! ”.
       
Wang Wenxing est l’un des plus grands écrivains taïwanais du XXe siècle. Orfèvre de la langue, il en joue comme Joyce jouait de l’anglais, et ses romans, surtout le dernier, ont la complexité de Ulysses. Il aura passé près de trente ans à écrire le second, treize ans à rédiger le troisième. L’œil pétillant d’ironie derrière ses lunettes, il dit écrire une trentaine de caractères par jour … Il n’a pas d’équivalent sur le Continent.
Né à Fuzhou (福州), dans le Fujian, en 1939, Wang Wenxing est parti à Taiwan avec sa famille en 1946. Après deux ans dans une petite ville du sud de l’île, ses parents se sont installée en 1948 à Taipei, et c’est là que Wang Wenxing a grandi. — 
La Nouvelle dans la Littérature Chinoise Contemporaine [en ligne]
EXTRAIT

Ah ! cette brave vieille femme, je me souviens encore de son large visage brun, sombre comme du pain noir, à la fois tendre et luisant, visage empli de bonté simple et d'amour sincère. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Personne ne l'a su. Au fur et à mesure que j'ai grandi, j'ai de moins en moins rencontré de femmes aussi braves. Je pense qu'il n'était pas facile pour elle de survivre dans une société pressée de s'industrialiser. Grâce à un étrange don d'observation que je possédais dans mon enfance, je me souviens d'un détail. Comme je regardais souvent ses pieds nus glisser sur notre parquet bien ciré, j'avais remarqué qu'elle avait les doigts de pieds en éventail. Si je l'avais remarqué, c'est parce qu'à la maison on portait de pantoufles. Il y en avait toujours devant la porte pour les invités. E Bashang ne s'était pas encore soumise à cette habitude des immigrés, elle n'en portait jamais. Dans ma toute petite cervelle d'enfant, je me demandais où trouver des pantoufles suffisamment grandes pour qu'elle pût les mettre.

Premier amour, p. 14

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Processus familial », Arles : Actes sud, 1999
Taiwan sur le site des littératures insulaires
En l'absence d'une sélection suffisamment développée, la liste qui suit regroupe des références dispersées sur l'ensemble du site ;
y figurent des ouvrages de fiction, des récits de voyage, des essais et études.

mise-à-jour : 1er mars 2021
Wang Wenxing : La fête de la déesse Matsu
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